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RUBRIQUE : Protocoles méta
Sur les protocoles méta

Sur les protocoles méta

« Les « protocoles méta » ont pour hypothèse de départ d’être un mode d’agir, de faire, pour surmonter les procédures habituelles d’exposition, de performance ou de spectacle. Donc ces protocoles sont des embrayeurs pour re-questionner, revisiter ces diverses places, phases, procédures... Ici, dans le contexte "méta" : artistes, commanditaires et publics sont conjointement mobilisés pour expérimenter ensemble. Et davantage que de produire une oeuvre ou un spectacle commun, il est question de co-inventer des modes d’agir, d’expérimenter ensemble des co-productions de soi, de temps, et d’actions, sans se soucier d’une forme stable, mais plutôt en jouant sur le différé/différence des rendez-vous dans le temps et suivant les occasions. Il s’agit d’un processus qui trouve ses formes au fur et à mesure - le mode de fonctionnement est lui-même un dispositif expérimental qui évolue donc dans le temps. Nous agissons par expériences et tâtonnements… Accompagné par le souci permanent de mutualiser nos réflexions et nos pratiques.


Préambule
Face aux crises successives et exponentielles, qui déstabilisent les rapports art/social/politique, qui déconcertent les protagonistes de chaque champ et pénalisent l’intelligence de leur rapport : plutôt que de répondre d’une manière craintive et réactive, il est nécessaire d’ « inventer » cette crise, d’être des acteurs décisifs quant au devenir des écoles d’art, de l’art en général dans leur co-existence et co-production avec la société. « Inventer »la crise cela veut dire « en découvrir » les ressorts subtils afin d’agir dessus, afin de vivifier ce qu’il nous paraît « important » de faire vivre aux seins de nos champs et d’imaginer de nouvelles alliances, des assemblages, des formes plus résistantes . Faces à la barbarie d’un techno- économisme irresponsable et des politiques obsolètes : il nous faut réinventer des rapports de forces, des manières de faire et d’être plus vifs…Non pas expérimenter ici et là pour faire un saupoudrage désuet de reliances, mais créer une véritable dynamique d’exploration et collaborative afin de « construire » du sens et des actions à la mesure de nos réels besoins. Nous sommes les meilleurs experts de nos ambitions !

« Protocoles Méta » est conçu dans la lignée des projets d’artistes (individus et groupes) qui ont expérimenté des rapports émancipateurs entre ces artistes, leur milieu et divers publics Schématiquement on peut évoquer Hugo Ball, Black Mountain College, les Situationnistes, Fluxus , Allan Kaprow…En fait, nous nous intéressons aux artistes qui ont voulu, non pas développer une pratique artistique pour sublimer le réel, mais à ceux qui ont exploré les conditions d’un art qui soit « réalisation » d’une philosophie de l’existence et qui soit aussi une esthétique politique ! Non pas pour réaliser un simple dépassement de l’art, mais pour tisser d’autres mondes …On se souvient également de Hélio Oïtica et de Lygia Clark qui revendiquaient une dimension existentielle subjective de leur pratique et la réalisation d’une relation entre l’art et la vie… Cette hétérogénéisation n’est pas pur esthétisme, c’est une volonté politique aussi de refondre des rapports, de tendre des passerelles pour transformer des règles de jeux et d’actions…

Les « protocoles méta » (2001)
« Les « protocoles méta » ont pour hypothèse de départ d’être un mode d’agir, de faire, pour surmonter les procédures habituelles d’exposition, de performance ou de spectacle. Donc ces protocoles sont des embrayeurs pour re-questionner, revisiter ces diverses places, phases, procédures... Ici, dans le contexte "méta" : artistes, commanditaires et publics sont conjointement mobilisés pour expérimenter ensemble. Et davantage que de produire une oeuvre ou un spectacle commun, il est question de co-inventer des modes d’agir, d’expérimenter ensemble des co-productions de soi, de temps, et d’actions, sans se soucier d’une forme stable, mais plutôt en jouant sur le différé/différence des rendez-vous dans le temps et suivant les occasions. Il s’agit d’un processus qui trouve ses formes au fur et à mesure - le mode de fonctionnement est lui-même un dispositif expérimental qui évolue donc dans le temps. Nous agissons par expériences et tâtonnements… Accompagné par le souci permanent de mutualiser nos réflexions et nos pratiques. Ce sont des « protocoles en situations » qui prennent la forme d’une situation protocolaire ou, si l’on veut, un dispositif de règles arbitraires et provisoires, dont tous les termes et les modes peuvent êtres questionnés et rejoués différemment si nécessaire... »

Le « congrès singulier » (2005)
L’art du congrès et des protocoles n’est pas une expérience privée, ou une expérience subjectivante pour re-esthétiser la vie, le quotidien…Non il s’agit de re-singulariser nos rapports aux pratiques et aux autres, nos rapports d’existence…(une façon de marcher ensemble). Créer du temps libéré (méta-temps). Oui ralentir et explorer les possibilités de l’économie solidaire, de la simplicité volontaire… Nous sommes au cœur d’une rupture épistémologique, génératrice d’expériences autres avec la remise en jeu de la socialité de l’art et de sa politique. Il n’est pas question d’un congrès unique ou d’un congrès original - non il s’agit d’un congrès singulier : il contient déjà quelque chose d’indéfinissable et de particulier par sa potentialité de déplacement et de métamorphose - il est méta-congrès… Et sa singularité, paradoxalement, il la tient de sa pluralité de formes, de participants, et par ses combinaisons d’objets…Mais ou chacun est co-responsable, coproducteur du sens et de sa présence. Chacun est le jardinier singulier de ce qu’il y cultive et échange… Un autre esprit de la recherche et de l’expérimentation artistique, une autre culture du partage, du rapport au fugitif et à la précarité. Une autre manière de mutualiser les intelligences et les compétences. Une autre manière d’agir ensemble. Nous demeurons toujours dans l’interférence, l’hétéronomie : donc sortir de cette idée puérile de l’autonomie forcée, pour expertiser l’« altéronomie » et créer de nouveaux rapports collaboratifs. Pouvons-nous ré-enchanter les rapports art, social, politique ? C’est en re-questionnant ensemble ce qui nous amènent les uns à l’art, les autres au social, les autres encore au politique, que nous pourrons reconsidérer nos manières de faire, d’agir, de vivre... Désautomatiser les rapports, les évidences - délier les logiques... se décentrer... engendrer d’autres vitesses.... À l’homogénéisation du global, répondre par l’hétérogénéisation du local.

Les rencontres préparatoires (2006)
À chaque fois toute une organisation est à prévoir et à mettre en jeu, afin que chaque session puisse avoir sa forme propre et une temporalité singulière. Une auto-organisation se développe et permet à chacun une large plage de disponibilité pour participer aux diverses propositions et discussions. Précédents et participants à la forme et à la dynamique de toute session/congrès singulier (cela fait amplement partie du congrès), il y a ces successives rencontres préparatoires qui permettent d’installer un climat particulier pour chaque session et également pour construire le cadre et le dispositif des diverses propositions qui permettront par leur « flottabilité » de laisser advenir l’indéterminé. Cette activité en amont n’est pas rien, c’est un tissage de mails, d’échanges téléphoniques, de rencontres, d’écoutes, de lectures, de comptes-rendus, d’avancées, de doutes, de rebondissements…C’est une organisation vivante et souple où chacun trouve sa place et gère ses disponibilités…Il s’agit à son échelle d’une micro-multitude. Elle est une forme vivante (les personnes traversent et vivent les réunions à leur guise, tout en participant à la conscience des tâches à mener et y participant selon leur disponibilité). Forme vivante menant une activité vivifiante où se combinent le « travail matériel » et le « travail immatériel », où se jouent une réalité précaire et le gratuit, non comme un frein, mais comme une source de résistance. Sessions méta /congrès singuliers sont toujours des temps de mutualisation, de partage. Où chacun est invité à co-penser et co-produire ce dispositif. Les sessions sont de plus en plus désignées « congrès méta » ou « congrès singulier » (conservant l’idée de déplacement, de changement, de transformation…). On y retrouve des « conférences » (« récits d’expériences »), des tables rondes (chantier de paroles), des activités d’expérimentation, des visites méta-touristiques, des invitations à des spectacles, etc.

Jean-Paul Thibeau
5 avril 2001




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