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RUBRIQUE : Actualités
Proposition pour « Confrontations » organisée les 7, 8 et 9 mai par Vol de Nuits et Labelm.

Le 7 mai 2009, dans le cadre de la manifestation « CONFRONTATIONS » (à la galerie Vol de Nuits), Jean-Paul Thibeau invitera Pascal Nicolas-le-Strat (sociologue) à partager avec lui une réflexion sur l’expérience des « protocoles méta » en regard à la problématique « l’artiste et ses grèves … », cette réflexion sera ouverte et partagée avec les artistes participants et le public.

En amont Jean-Paul Thibeau, sous la forme d’une « résidence flottante », préparera avec les différents protagonistes les modalités de la rencontre-débat du 7 mai 2009 (de la manière d’agencer un espace de parole, d’en assurer l’équitable circulation, à la manière de faire banquet …) Il mettra également à disposition des organisateurs un projet d’affiche couleur intitulée « méta grève générale ».

Préambule pour l’intervention du 7 mai 2009 Les protocoles méta sont une tentative pour s’écarter de la « surproduction », de la « surexposition » de l’art en établissant une sorte de « jeu de grève » : par des agencements de réunions, de propositions d’expérimentation, des temps de réflexion, des ralentissements de temps… Il n’y a pas d’enjeu de production ni de finalité déterminée… On peut voir cela comme une méta-grève où chacun peut devenir à la fois n’importe qui et ce qu’il veut, en libérant le désir de ses objets habituels !

Introduction aux protocoles méta & congrès singuliers

Depuis 2003 les « protocoles méta » proposent des sessions d’expérimentations et des « congrès singuliers » recoupant diverses disciplines, croisant différents publics. Elles se sont déroulées dans des lieux artistiques aussi bien qu’extra artistiques, dans différentes villes : Blois, Paris, Roubaix, Marseille, Aix-en-Provence, Rabat, Cavaillon, Avignon, etc.

« Protocoles-méta » est un projet d’expérimentation mobile, infiltrant et évolutif. Son hypothèse de départ est d’explorer des modes d’agir, de faire, pour surmonter les procédures habituelles d’exposition, de performance ou de spectacle.

Le mode de fonctionnement est lui-même un dispositif expérimental qui évolue selon les occasions. Chaque session (ayant une thématique ou non) met en jeu le trinôme rencontre-indétermination-improvisation … Nous agissons donc par expériences successives avec le souci permanent de mettre en commun nos réflexions et nos pratiques.

Ce sont des « protocoles en situations » dont tous les termes et les modes peuvent êtres questionnés et rejoués différemment si nécessaire. C’est une démarche soustractive*.

Depuis 2006 nous interrogeons régulièrement les rapports : expérimentation artistique - expérimentation sociale - expérimentation politique et leurs malentendus (voir leurs mésaventures)…

Pour « Confrontations », comme à chaque évènement, nous gardons la distance critique nécessaire. Il ne s’agit pas de « faire œuvre » au sens convenu du terme, mais « d’ habiter » collectivement cette situation, remettre en jeu nos méthodes et déployer nos explorations tâtonnantes. Nous envisageons ce « congrès singulier » comme une construction au plan quelque peu inversé où les lignes restent mouvantes, le temps malléable, les congressistes hétérogènes, une expérience en déproduction…

Être-là … Produire des situations… Apparaître-disparaître… Être ailleurs…

* « Protocoles Méta » désigne une démarche, une expérience, qui s’est développée en plusieurs phases, sans aucun but visé d’avance. C’est ce qui constituait, tout au moins au départ, l’intérêt de ce qui se dessinait ainsi, et de ce qui s’y est ensuite « manifesté » : une démarche qui est toujours restée, et ce dès le départ, essentiellement ouverte. Qu’elle fût déconcertante, c’est ce qu’on a bien vu. Beaucoup, parmi ceux qui, à tel ou tel, moment sont venus se joindre à nous, sans savoir d’ailleurs exactement de quoi il s’agissait, pourraient en témoigner, de même que les termes mêmes dans lesquels cette expérience s’est développée, à savoir comme méta expérience. C’est que le propre d’une méta démarche comme celle-là, ou encore des méta protocoles qui leur étaient liés, aura consisté beaucoup plus en une réflexion sur les conditions dans lesquelles une démarche ou une expérience peut avoir lieu, qu’en un programme, d’où son caractère essentiellement soustractif, destiné à libérer des possibilités encore inexplorées.

Une telle démarche impliquait, chemin faisant, qu’on réfléchisse sur ce qui entre en jeu dans des expériences ou dans des pratiques de type artistique ou en tout cas présumées telles - avec toutes les représentations qui en font inévitablement partie, et qui constituent toujours au fond, pour qui y participe, un arrière-plan pris en défaut, mis à l’épreuve, exposé à un doute qu’autorise précisément sa nature soustractive. Cet aspect-là, que je résume très brièvement, s’illustre dans un écart par rapport aux attentes qui sont généralement les nôtres, en raison de ce que nous engageons à la faveur d’un processus qui, sitôt enclenché, devient éminemment problématique, puisque les finalités en sont incertaines et indéterminées. Une démarche soustractive (Jean-Pierre Cometti, avril 2007 - extrait). Un léger apéritif pour le 7 mai 2009

« Travailler maintenant, jamais, jamais ; je suis en grève. » (Rimbaud. Lettres à G. Izambard , Charleville, (13) mai 1871.)

Faut-il aller au-delà de la grève rimbaldienne ? Aller vers une activité qui n’a pas d’image de soi, qui se dissout dans les actes, les matériaux, les formes qu’elle emprunte, dans les panoplies des moyens qu’elle emprunte pour s’égarer ?

« Il y aurait une solution : se résigner ; tout simplement : ne rien faire. Mais il faut avoir une énorme énergie. On a un besoin presque hygiénique de complications. » (TristanTzara : Lettre ouverte à Jacques Rivière)

« Surgit un moment où plus aucun argument (raisonnement, lecture, information, etc.) ne suffit pour agir. Alors un sentiment poétique d’idiotie pousse à aller au-delà de l’acte... Surprendre quelques moyens ( sans s’encombrer des dispositifs psychologiques ou des justifications secondaires). Accueillir l’hors-soi, sans avant ou arrière pensée. Se dessaisir de soi, laisser fluide les variations des états mentaux et corporels, lâcher la “conscience de”... Lâcher le corps à perte de mesure... Apprivoiser le tohu-bohu et laisser agir l’activité jubilatoire générale, entre le déjà-là et le pas-encore-là... Découvrir alors que l’on sort d’un long sommeil, d’une fastueuse patience et que l’on est agi par des conversations variées avec les autres, les choses et les je-ne-sais-quoi... Accepter de n’être que nuée, un peu de buée, une évaporation... (J-P Thibeau : Stratégie du je-ne-sais-quoi de l’idiotie / 31 juillet 1989)

Mais de quoi vivons-nous ? Vers quelle méta-grève générale allons-nous ?





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